Rythmes scolaires : faire face au mépris ministériel vis à vis des campinois-es

Mercredi 25 juin, le Conseil municipal de Champigny était amené à se prononcer sur la réforme des rythmes des scolaires. L’objet de la présente note n’est pas de revenir sur le fond sur les tenants et aboutissants de cette réforme (même s’il conviendra d’en rappeler les principales conséquences) mais d’expliciter les raisons du positionnement de notre groupe : refuser à ce stade d’aller plus loin que la proposition qui a été déposée auprès de l’inspection académique et rejetée par le ministère.

La majorité municipale avait en effet fait le choix de répondre aux injonctions du ministre Hamon et de son nouveau décret (se substituant le décret Peillon…tout en y ramenant) qui stipulaient qu’une proposition devait être déposée avant le 6 juin 2014 pour l’organisation des rythmes scolaires à la rentrée. En effet, en cas de refus de déposer un projet, la ville s’exposait au fait que selon le décret Hamon, c’est le décret Peillon dans sa version la plus dure et absurde qui se serait appliqué, entrainant le démantèlement des activités éducatives mises en place par la municipalité pour les jeunes campinois-e-s et désorganisant les activités des conservatoires et des associations.

Contraints et forcés, nous avions donc consenti la mort dans l’âme à ouvrir une porte en ce sens en déposant un projet qui met en place un accueil le matin les lundis, mardis, jeudis et vendredis de 8h à 8h50, des plages de cours de 9h à 12h et de 14h à 16h30, ainsi que deux samedis matins travaillés sur 3 avec des cours de 9h à midi. Sur 3 semaines, la moyenne est donc bien de 24h conformément au décret (une semaine à 22h et deux semaines à 25h) et pouvait donc s’inscrire dans les « expérimentations » proposés par le nouveau décret du ministre tout en évitant de passer par pertes et profits l’ensemble du dispositif éducatif mus en place de longue date sur Champigny au travers des centres de loisir, des études, mais aussi des activités des conservatoires et des associations.

Il s’agissait là d’une « perversion » assumée du décret tout en en respectant la lettre pour éviter de sombrer dans le délitement républicain, scolaire, mais aussi local qu’elle contient. Mais de manière dogmatique, pour imposer un bras de fer politique, le Ministre a par la voix de ses services refusé le projet campinois. Dès lors, conscients de tous les dangers que recèle cette réforme des rythmes scolaires, les élus du Parti de Gauche refusent d’aller plus loin et de faire subir aux enfants campinois les ravages de la politique d’appauvrissement scolaire que contiennent les doubles décrets Peillon et Hamon.

Cette réforme des rythmes va en effet casser le cadre républicain par une mise en œuvre « à la carte » en fonction des ressources des villes. C’en est fini de l’égalité devant l’éducation. Avec cette territorialisation de l’Ecole, mieux vaudra résider dans une commune mieux dotée que dans une commune qui l’est moins alors même que le prétendu fond de péréquation mis en place par le ministre pour la rentrée 2014 est insuffisant pour couvrir les dépenses engagées, qu’il sera prolongé en 2015 mais sans que l’on sache à quelle hauteur, et qu’il disparaitra dès 2016 ! Ainsi, pour Champigny, mettre en place la réforme des rythmes dans le schéma proposé par la municipalité reviendrai pour le seul 3ème trimestre 2014 à 45.000 € en sus des 130.000 € alloués par l’Etat (et encore avec des taux d’encadrement notoirement insuffisants).

La conséquence évidente d’une telle réforme est qu’elle va conduire au financement des activités périscolaires par les familles. Le décret prévoit en effet que les villes décident ou non de la gratuité. Or même celles qui souhaitent maintenir cette gratuité vont être amenés dès cette rentrée ou à la prochaine de faire payer le périscolaire. En parallèle,tout le danger de cette réforme est qu’il établit une porosité entre les enseignements scolaires et les enseignements périscolaires. Au nom du « socle commun de compétences », véritable smic scolaire, nombre d’apprentissages émancipateurs vont progressivement être sortis de l’Ecole pour glisse sur le périscolaire. Le Ministre Peillon n’avait-il pas ainsi essayé d’y mettre l’éducation musicale, l’éducation artistique et l’éducation physique et sportive comme s’il s’agissait d’écouter de la musique, faire du dessin ou du sport ?

C’est enfin la voie ouverte à une marchandisation de l’éducation, comme en atteste le sordide exemple d’une ville voisine, Alfortville, ville dont l’édile est le très Vallsiste Luc Carvounas, qui a lancé un appel d’offres pour assurer la mise en œuvre des activités périscolaires !

Dès lors, en tant qu’élus et militants de l’humanisme radical, nous nous sommes engagés dès le début contre cette réforme des rythmes et alors même qu’à l’unisson de toute la communauté éducative nous convenons qu’une réforme des rythmes était indispensable. Mais pas celle-là ! Si nous avons essayé de jouer le jeu, et nous l’avons joué avec la concertation qui a été organisée sur la ville pendant de longs mois par le comité local de l’enseignement public et avec la proposition remise à l’inspection académique, c’est parce que nous souhaitions que cette question deviennent celle des campinois-es et parce qu’en dernier ressort il nous fallait éviter le pire.
C’est aussi par respect vis à vis des familles qui ont besoin de s’organiser pour la rentrée prochaine, des enseignants qui ont besoin de connaitre leur emploi du temps hebdomadaire, des agents qui assurent le service public au quotidien dans les écoles et dont les horaires vont évoluer, que nous avons accepté de déroger à une position de principe assumée comme tell au regard de l’enjeu.

Mais rien n’y a fait. Par son mépris, le ministère nous pousse à reprendre le flambeau de la lutte. Son refus nous amène à des tombeaux d’absurdité dès lors qu’il faut mettre en place un quart d’heure par-ci volé sur l’étude, un quart d’heure par là au détriment d’une récréation, qu’il faut les financer sur de l’argent que l’Etat ne donne pas et donc au détriment par exemple de la formation ou par la baisse du taux d’encadrement des enfants. Cette réforme est sans queue ni tête et dès lors qu’elle ne peut être engagée sans déliter le cadre éducatif, que sous cette forme elle ne saurait être bénéfique à l’entrée dans les apprentissages, et qu’elle compliquera la vie des enfants et de leurs familles pour le confort d’un ministre, nous refusons de pousser plus avant notre participation.

En conscience nous avons fait une proposition. En conscience le ministre l’a rejetée. A lui de prendre maintenant ses responsabilités.

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