Retour sur le Conseil municipal du 3 février 2016

HDV ChampDes révolutions de palais. Voilà ce qui semble avoir émaillé le début d’année de la droite et du PS et qui a reconfiguré l’assemblée municipale pour ce premier conseil de 2016 ! Heureusement, loin de cette gribouille, plusieurs délibérations de fond sur le logement ont permis de se prononcer sur de nouveaux projets importants pour notre ville. Et l’adoption d’un vœu contre la déchéance de nationalité et contre la constitutionnalisation de l’état d’urgence a clos cette longue séance. Le FN est quant à lui resté fidèle à lui-même : comme vous le verrez dans notre traditionnel observatoire local de l’action municipale du FN.

Boum et Badaboum

On avait appris par la presse que la droite locale se déchirait sur fond de leadership, de course aux places, et déjà de positionnement pré-présidentiel (en atteste la requalification par M. Jeanne des 450 emplois du SMR en « emplois Sarkozy »). Le Conseil municipal a eu à en prendre acte puisque le groupe Champigny alternance présidé par Laurent Jeanne s’est scindé en deux, un bout devenant Champigny Alternance LR-UDI-Modem et que sais-je encore, l’autre prenant le nom de Convergence Champigny. Pour l’un la seule alternance qui se concrétise, c’est celle des étiquettes, pour l’autre la convergence commence par une rupture…

Poli, le groupe socialiste a accompagné la droite dans l’auto-fragmentation. On apprenait en début de séance qu’une réorganisation du groupe PS avait lieu suite à un vote interne majoritaire qui évinçait l’ancienne présidente de groupe de ses responsabilités. Ce que certains ne semblaient pas admettre puisqu’ils se permettaient de préciser en séance qu’ils intervenaient au nom du groupe…présidé par l’ancienne responsable. On n’était pas loin du théâtre de boulevard…

 

Germinal et Prairial

La séance revêtait une dimension exceptionnelle puisque M. le Maire a interrompu celle-ci afin de permettre la présentation par Valophis du vaste projet de réhabilitation des cités Germinal et Prairial. Une telle présentation en amont n’est pas obligatoire mais au regard des enjeux, il semblait important de fournir les premiers éléments tant aux conseillers municipaux qu’aux citoyen-ne-s.

Ce projet a une dimension toute particulière parce qu’il touche à un habitat ancien dans lequel les habitants sont souvent installés depuis de longues années (décennies) et qui disposent de faibles ressources financières. Il s’agit donc de trouver un montage qui permette de faire des travaux très lourds sans déloger de leur immeuble les habitant-e-s. Tel est le dispositif proposé.

Par ailleurs, le niveau d’ambition du projet est proportionnel à l’attente qui existait pour celui-ci et la ville va faire un effort tout particulier pour cette réhabilitation, en mettant à disposition une part importante du boni au moment même où l’EPT s’apprête à récupérer celui-ci pour des sujets qui pourraient nous échapper. Il s’agit donc de rendre aux campinois ce qui leur est dû.

 

EPT 10

Un point d’information a été fait par Monsieur le Maire suite à la première séance d’installation avec engagement pris d’informer l’ensemble du conseil municipal des discussions et décisions ayant lieu dans le cadre de l’EPT.

Nous reviendrons dans une prochaine lettre sur ces éléments mais vous pouvez dès à présent retrouver sur le blog des élu-e-s de Champigny notre appréciation à travers un communiqué, des arguments avec des tribunes parues dans la presse, et nos interventions suite à la réunion d’installation.

Concernant les délibérations, il convenait de permettre à la ville de Champigny-sur-Marne de poursuivre dans le cadre de l’EPT la démarche engagée pour le renouvellement de son PLU avant élaboration d’un plan local d’urbanisme intercommunal (PLUI), future compétence nouvelle du territoire. Autrement dit que l’élaboration de ce PLUI se fasse au regard des orientations définies par notre ville. Plus fidèle défenseur des basses œuvres de Manuel Valls que de l’intérêt des campinois, le membre du PS Clément Vacher est intervenu pour annoncer son refus de voter pour cette délibération qui permet pourtant de maintenir autant que faire se peut une expression campinoise. En défenseur zélé de la réforme territoriale, il a invité notre ville à basculer entièrement dans une logique intercommunale qui selon lui permettrait de répondre au déficit de logements sociaux de Saint-Maur. Ce que l’Etat n’a pas fait, Monsieur Vacher voudrait que Champigny le fasse à sa place dans le cadre de l’EPT ! Outre qu’une telle proposition est totalement déconnecté de la réalité au regard du rapport de force droite (10 villes) – gauche (2 villes) au sein de l’EPT, c’est aussi s’engager dans une voie dangereuse que d’opposer les villes les unes aux autres en déniant à l’Etat ses responsabilités en matière d’organisation du logement. La loi existe, peut être modifiée, et doit en tout état de cause être appliquée. Voilà ce que l’on attendrait de l’Etat plutôt que des simagrées pour rejeter sur celles et ceux qui sont les plus engagés comme Champigny la responsabilité des blocages de ceux qui ne font pas comme Saint Maur.

 

Logements Léon Duprat

La droite et le PS sont également montés contre le projet de 25 logements prévu au 25 . Le PS a rejoint la droite pour dénoncer le caractère social de ces logements prévus dans le quartier du village parisien. Bref tout le monde est d’accord pour diversifier l’offre de logement…mais pas chez soi. Allons ! Il s’agit ici de l’office de la RATP qui a accepté de reprendre une parcelle délicate (nous y reviendrons), pour loger ses futurs agents du SMR qui sera implanté à quelques centaines de mètres de là. Faut-il qu’il y ait un triste repli sur soi pour ériger ainsi des droits d’entrée dans le quartier !

L’autre argument également repris de concert par le PS et la droite visait à regretter la non-implantation d’un équipement petite enfance sur ce quartier. Bien que le rappel eut été fait en bureau municipal et que le PS ait donc eu l’information, Jeannick Le Lagadec, élue en charge de la petite enfance a dû rappeler les faits : « La ville de Champigny a depuis de nombreuses années menée une politique de la petite enfance alliant développement et diversité des modes de garde. Il est cependant important de rappeler que la petite enfance n’est pas une compétence obligatoire de la commune; ainsi, il existe des crèches municipales mais aussi départementales comme dans le Val de Marne qui en compte 76 ainsi que des crèches privées (depuis une dizaine d’année). La ville de Champigny, fidèle à sa tradition d’écoute de la parole citoyenne, a, suite aux premières rencontres citoyennes, porté le projet de crèches interentreprises dont il est question dans cette délibération. Une crèche interentreprises devait ainsi initialement s’installer sur cette parcelle. Malheureusement, le projet confié à l’association  » cap éveil et sens » n’a pas abouti. La  ville et les campinois en ont été les premières victimes: ainsi le terrain mis a disposition par la ville a été jusqu’à ce jour inutilisable, avec un bâtiment à moitié sorti de terre comportant de graves malfaçons et les campinois n’ont pas pu profiter des places en crèche promises. Dans un second temps, une crèche interentreprise  » Les petites canailles » s’est installée en centre ville. Elle fonctionne et a encore des places pour les entreprises qui en feraient la demande. Enfin, une structure petite enfance visant à reloger la structure du boulevard de Stalingrad et à créer un deuxième multi-accueil est prévu aux Mordacs à quelques 300 m de là ». Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre…

 

La boulonnerie

Il s’agit là d’un projet de logement, 50% relevant du parc social, 50% en accession, sur une parcelle situé en face du cimetière, à 100 m seulement de la future gare du centre-ville.

Dans l’absolu, les questionnements sur la nature de ce qu’il faut y faire (activité ou logement) sont légitimes. Pour autant, il faut bien prendre acte des temporalités mais aussi de la profusion des immeubles de bureaux à se développer près de toutes les nouvelles gares de la ligne 15. Ainsi, si le choix de faire des bureaux était fait, cela voudrait dire geler ce projet encore cinq ans car il n’est pas vrai que les entreprises vont sur ce secteur faire du prévisionnel et investir ainsi à moyenne échéance. Par ailleurs, c’est à l’échelle de la zone qui va des bords de Marne jusqu’au boulevard de Stalingrad que la question de la nécessaire activité doit être pensée, en complémentarité avec l’activité sur l’ex VDO que l’état ne saurait continuer à nous refuser malgré le CIN (contrat d’intérêt national) qu’il nous impose.

Par ailleurs, cette délibération rejoint la précédente dans le sens où le logement qui va se construire autour des gares sera, si la puissance publique n’intervient pas, réservé à celles et ceux qui ont les moyens de l’acquérir. Diversifier le parc de logement social de la ville pour permettre des parcours résidentiels est une nécessité. Il n’y a pas de fatalité à rejeter toujours les plus humbles dans des quartiers périphériques. Le Champigny devra comme celui d’aujourd’hui être partagé !

Enfin, cette délibération visait très concrètement à imposer un financement par ce projet d’une part non négligeable de l’école qui sera située un peu plus haut aux Courtilles (1,8 millions d’€) et qui ouvrira ses portes à la rentrée 2018.

Au regard de ces éléments que nous avions débattu en amont en bureau municipal, nous avons voté favorablement à ce projet.

 

Déchéance de nationalité et constitutionnalisation de l’état d’urgence

Vous trouverez sur notre blog le vœu qui avait été proposé conjointement par notre groupe Parti de Gauche et Gauche Citoyenne EELV aux autres membres de la majorité. Au final, ce voeu fut présenté par Jeannick Le Lagadec au nom des groupes précédents et du groupe communiste et apparentés. Il fut adopté malgré les votes contre de la droite et du FN, et les abstentions ou refus de vote du PS.

La droite non seulement a défendu la nécessité de maintenir l’état d’urgence autant de temps que nécessaire. Ainsi, pour M. Chevalier, « l’état d’urgence ne nous gêne pas tant que le risque d’attentat n’est pas éradiqué ». Autrement dit l’état d’urgence permanent. Quant à M. Jeanne, il a rejoint ex-acolyte pour considérer que « on portera la responsabilité, tous, si un autre attentat intervient » en ayant supprimé l’état d’urgence. M. Chevalier se faisant plus précis : « la responsabilité serait engagée de ceux qui auraient supprimé l’état d’urgence ». Quel manque de discernement ! La « responsabilité » serait donc rejetée sur les élu-e-s de la République ? C’est là un piètre chantage qui ne grandit pas ceux qui le pratiquent.

Quant au PS, il a pour une part refusé de participer au vote au motif que ces grandes questions devaient être laissées aux parlementaires et que les débats devaient avoir lieu dans les medias (sic). Une esquive grossière pour ne pas avoir à se positionner…

François Cocq est d’abord intervenu pour reprendre le PS et affirmer au contraire que les grands débats devaient donner lieu aux échanges argumentés de manière à diffuser et créer de la conscience dans tout le pays. Ce que de fait ni les medias, ni les parlementaires aux ordres ne font. Tel est aussi le rôle de notre assemblée communale pour être le relais des citoyen-ne-s. Il a également repris la droite sur leur argumentaire inique.

François Cocq est ensuite intervenu sur le fond pour distinguer la mesure inefficace et absurde qu’est la déchéance de nationalité, de la dangereuse constitutionnalisation de l’état d’urgence. Sur ce dernier point, François Cocq a posé l’enjeu du renversement des normes qui s’opèrerait avec cette constitutionnalisation. Il s’agirait désormais de préserver la sécurité au détriment de la liberté. La normalisation de l’état d’urgence définirait un nouveau paradigme où ce qui est exceptionnel serait voué à durer, le dispositif se banalisant en s’infiltrant dans le droit commun. En prolongeant un état d’exception, on habitue les gens à un autre état des rapports sociaux et institutionnels au point que cette accoutumance finit par créer une nouvelle culture. Voilà en quoi selon nous cette constitutionnalisation est dangereuse et voilà pourquoi nous avons adopté ce vœu.

 

Observatoire local de l’action municipale du FN 

Le Front national s’est encore distingué lors de ce conseil municipal. Il a bien sûr refusé de voter le vœu sur la déchéance de nationalité et la constitutionnalisation de l’état d’urgence ce que l’on comprend d’autant mieux que l’instauration d’une contre-culture sécuritaire dans la société facilite l’expansion de ses idées. Pourtant, les arguments avancés n’en étaient pas : « Il faut qu’on se défende », « la France a besoin de force », « ce vœu c’est du suicide », « l’état d’urgence n’a tué personne à part des terroristes ». Que voulez-vous répondre à ça ?

Mais surtout, le FN a encore une fois fait la démonstration qu’il est au service du système. Le conseiller municipal Rougier a en effet volé au secours du PS Clément Vacher pour défendre les PLUI au détriment des PLU et expliquer que la commune n’était pas le bon échelon pour traiter ces questions. Bref que la commune ne devait plus être l’échelon de base de la souveraineté populaire et que celle-ci devait disparaitre derrière les transferts aux intercommunalités technocratiques. Les medias ont beau nous dire que le FN défend les citoyens et leur souveraineté, nous avons encore eu une démonstration dans les faits que le FN est au contraire la marionnette consentante du système…

******************

Ce retour désormais régulier sur le conseil municipal s’inscrit tout à la fois dans une démarche d’information des Campinoises et des Campinois sur les délibérations débattues publiquement par l’assemblée municipale, mais aussi dans un retour sur leur action de la part des élu-e-s du Parti de Gauche suite au mandat qui leur a été confié par le peuple.

—————

Le prochain conseil se tiendra le , à 20h30, salle du Conseil municipal (Hôtel de Ville). La séance est publique.

 

Publicités

Une réflexion sur “Retour sur le Conseil municipal du 3 février 2016

  1. Logement Léon Duprat, il y a une entourloupe là-dedans, la RATP ne peut loger « ses agents » du SMR, car l’Exploitant du Grand Paris, mais aussi le Mainteneur, ne sont pas connus, et il se peut que ça ne soit pas la RATP.
    De plus, la SEDP (filiale immo de la RATP) n’indique pas construire de logement à Champigny pour les agents RATP.
    Donc c’est bien une opération immo de la RATP, qui comme beaucoup de boites immos fait du social car elle ne paie pas d’impôts.
    A Paris la RATP va sortir de terre 2000 logement, dont plus de 1200 en sociaux pour réduire les impôts et taxes diverses.

    Sur les crèches municipales, entourloupe de la ville, car entre 2015 et 2016 les inscriptions sont passées de « papier » à « informatique », mais bien-sûr personne pour vous le dire si vous avez effectué une inscription en 2015. De plus, la commission d’attribution des places devait avoir lieu en Décembre 2015, mais a été judicieusement déplacée en Janvier 2016, comme me l’a dit une dirlo de crèches « je comprends mieux pourquoi on a 50% de demande en moins », ben oui, car seule les inscriptions informatiques étaient valables.
    Même le PCF se joue des bonnes gens.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s