Histoire campinoise et d’ailleurs

Front populaireTribune du mois de mai parue dans le magazine Champigny notre ville

« L’Histoire est un grand présent et pas simplement un passé » nous enseignait le philosophe Alain. La connaissance de l’Histoire permet d’écrire par nous-mêmes son prolongement. Se souvenir va donc bien au-delà du devoir de mémoire. C’est s’inscrire dans une construction collective qui émancipe au présent.

Voilà pourquoi à Champigny, au nom d’une histoire commune et partagée, nous sommes fidèles aux commémorations. A celles des évènements qui fondent notre Nation en tant que corps politique. Et à celles qui se partagent avec nos peuples frères. Ainsi, n’en déplaise à M. Sarkozy et à Mme Le Pen, nous nous sommes encore retrouvés place Jean-Baptiste Clément le 19 mars pour la journée du souvenir du cessez-le-feu de la guerre d’Algérie.

Le 31 mars, c’est l’ossuaire rénové abritant les corps de plus de 1000 soldats français et 400 allemands qui était inauguré. Témoin de la bataille de Champigny de 1870, il nous rappelle que les tenants de l’ordre établi ont alors préféré trahir le peuple et faire reculer nos forces héroïques qui venaient de briser le blocus prussien de Paris. Favre, Thiers et consorts voulaient traiter avec Bismarck plutôt que voir Paris libérée instaurer la Commune sociale.

Ce mois de mai, ce sont les 80 ans du Front populaire de 1936 et ses grandes mesures sociales que nous célébrons à Champigny. Les dimanches au bord de l’eau et la grande époque des guinguettes ont gagné leur caractère populaire grâce aux deux semaines de congés payés ou à la semaine de 40 heures. Les conventions collectives devenaient la règle, les comités d’entreprise étaient créés et la scolarité obligatoire portée à 14 ans.

Cet anniversaire souffre pourtant de fausses notes alors que le projet de loi qui éclate le droit travail est actuellement devant le Parlement. Il est dans sa philosophie même l’antithèse des grandes lois de 36. Là où les conventions collectives permettaient la reconnaissance du salarié en tant qu’individu, la loi El Khomri inverse la hiérarchie des normes en substituant le contrat à la Loi. En 2016, la vie de l’individu repasse sous les fourches caudines du rapport de domination qu’il subit en tant que salarié.

Aujourd’hui comme hier, l’aspiration à une vie meilleure doit rester le moteur de la transformation sociale. Parce que rien n’est écrit à l’avance, en ce mois de mai, l’Histoire se conjugue au présent.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s